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3. D'un foyer de cheminée de 2 m, sur im. 25, gisant à 30 cent. de profondeur, dans une pièce de terre en labour, nommée les Jardins, précédemment à la place occupée par une portion de l'ancien bourg de StAignan-de-Cramesnil. Ayant, aujourd'hui, l'espoir de compléter cette découverte , je suis forcé de modifier le thème de la note promise et de me borner à un supplément au Val-des-Dunes pour 1869, savoir ; vignoble de Bellengreville, butte St-Laurent, vallée de Conteville, ancienne carrière de Conteville, qui ont pu avoir leur part d'influence sur le cimetière et les établissements primitifs de la localité. Cette communication, en vous faisant connaître l'état actuel des investigations de la Société au Val-des-Dunes, vous prouvera que, si, avant d'appartenir à la Compagnie des Antiquaires, je n'ai pas été indifférent aux souvenirs d'un passé que j'aimais à voir revivre, l'bonneur d'être membre de l'Association n'a fait que stimuler mon attention, et qu'à défaut d'autre mérite , j'aurai toujours celui de la bonne volonté.

Vignoble de Bellengreville.--A la fin de mai 1869, il se présenta , pour moi, une occasion d'appeler l'attention de M. Huet, maire de Bellengreville, sur les fouilles de la butte St-Laurent, chemin de Jort, territoire de Bellengreville. Ainsi que l'avait fait M. Harel , propriétaire du château de Chicheboville, qui permettait à la Société de déplanter même ses sapins , M. Huet se déclara franchement dévoué aux antiquaires et disposé à les seconder, comme propriétaire et comme maire. Je lui exprimai le désir de voir remplacer, un jour, par une croix de pierre, la chapelle de St-Laurent, détruite en 1562 , et dont la dernière pierre avait été arrachée devant nous. M. Huet approuva

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complètement cette idée de perpétuer un fait historique dans la mémoire des générations futures, en remplaçant un monument par un autre.

D'après les indications d'une personne du pays, la charrue avait dû découvrir un tombeau renfermant un squelette avec des armes. Ce tombeau devait être dans une portion du vignoble de Bellengreville, appartenant à M. Huet. Le propriétaire ignorait ce fait. Nous avons cependant sondé sur divers points ; mais nous n'avons rien rencontré. Du reste, notre tentative a éveillé l'attention sur ces coteaux où une nouvelle charrue sera peut-être plus beureuse que notre pelle et notre pioche, toujours disposées à recommencer, si des renseignements plus précis étaient donnés.

2 Butte St-Laurent, chemin de Jort à Caen.-L'excursion au vignoble de Bellengreville me donna l'occasion de visiter de nouveau l'emplacement des trois édifices de la butle St-Laurent. Rien n'y avait été changé depuis le mois d'octobre 1868. Le sieur Philippe n'avait pas remué l'emplacement de l'édifice du milieu , reconnu par M. Charma pour celui de la chapelle. Les fondements du plus petit édifice (champ Buret) étaient demeurés tels que Mme Dursus de Courcy les avait découverts dans le but d'épargner à la Société un surcroît de dépenses ; car le déblai total du plus grand édifice (22m sur 5 ou 6) avait absorbé bien des journées d'ouvrier, et M. l'abbé Le Cointe et moi n'étions pas fiers devant des recherches qui semblaient nous défier. Enfin, la persévérance fut couronnée : neuf sépultures mérovingiennes furent découvertes et démontrèrent que le grand édifice était évidemment antérieur à 1047 et à la chapelle de M. de Bras , qui visiblement avait été bâtie avec les débris de l'ancienne église ; c'était partout le même mélange de matériaux, seulement la chapelle était bâtie à bain d'argile, et l'église avec sable et chaux. Toute confusion entre une chapelle St-Laurent et une église St-Laurent avait cessé et les traditions qui plaçaient là une ancienne église paroissiale recevaient une confirmation importante. Or, ces traditions, que je connaissais depuis 25 ans, m'avaient toujours porté à croire que la chapelle, dite de St-Laurent, dont parle M. de Bras, avait été tout naturellement dédiée à l'ancien patron du lieu où la victoire se déclara en faveur du duc Guillaume contre ses barons révoltés. (Hist. de la bataille des Dunes, par M. l'abbé Le Cointe, p. 43 à 46.)

De plus, mon excursion au vignoble, aujorrd'hui sans vignes, m'a appris que le territoire dit de StLaurent est une vraie campagne qui s'étend non-seulement au nord, mais au midi du chemin de Jort, à l'est dans la vallée , au couchant vers la Hogue, jusqu'à la ligne des Vieux Puits , dont l'un se trouverait à l'angle nord-ouest du bois de sapins de M. le Dr Faucon. La ferme de la Malcouronne était de construction trèsrécente, ainsi que les écuries et le puits qui existaient, il y a 50 ans, dans une pièce de terre labourable voisine du parc de Chicheboville. Je consigne ici ces explications, parce que j'ai dû corriger l'inexactitude de mes idées sur divers points mal compris par ma faute ou celle des narrateurs. - J'ajoute également que, pour avoir une idée juste du terrain de la célèbre bataille suivant la description de Wace, il suffit de jeter la vue sur l'extrait de la carte d'Outhier, de 1736, publié dans les Recherches de M. Vaultier sur le Doyenné de Vaucelles (Hardel, 1840), et de savoir que la portion de marais, qui environnait la plaine au-dessus de l'église de Chi

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cheboville , a été desséchée ; que la rivière de Wace a disparu derrière le mur qui resserre aujourd'hui le marais dont le sémillon continue de recevoir les eaux.

3. Vallée de Conteville , commune de 150 habitants réunie à St-Aignan-de-Cramesnil pour le culte. - Pendant quelques moments libres de l'année 1869, M. La Housse, propriétaire du cimetière mérovingien découvert en 1868, a mis au jour quatre nouveaux sarcophages en pierre. Dans le 3e il a rencontré, vers les pieds : une moitié d'agrafe en bronze ciselé, – une double boucle et une hache d'armes pareille à la plus élégante exposée au Musée sous le n° 372 bis. Le nombre total des cercueils découverts est de sept. Le premier, vu par MM. Charma , Puiseux, le comte de Toustain , le baron de St-Maclou, etc. , était seul au milieu de 70 à 80 sépultures peu profondes (55 à 60 c.), ouvertes à l'occasion de la grande fouille de 1868, dans la partie septentrionale du champ de la Vallée ; le couvercle de ce tombeau tout brisé était uni et plat. Les six derniers étaient dans la partie méridionale; plusieurs se touchaient. Différents en dimensions, ils sont semblables en façon : minces, plus étroits aux pieds, entailles pour la tête , couvercles en dos d'âne rompus vers le milieu ; les fosses ont 1 m. 50 et 60 de profondeur sous les cercueils, dans lesquels se rencontrent quelquefois plusieurs squelettes ensemble.

M. La Housse a l'intention de consacrer une journée à faire des recherches dans une haie entre l'église et le Torp de Billy. Il me donnera avis.

Tels sont les renseignements que je peux fournir sur l'état actuel des investigations archéologiques du Valdes-Dunes. Si la Société veut faire reprendre une exploration du vieux cimetière, le propriétaire mettrait à sa disposition et sa personne et son champ.

Carrières de Conteville. - Tous les sarcophages trouvés dans le cimetière de la vallée de Conteville proviennent des carrières de cette localité. A Conteville, cimetière et carrières sont à distance réciproque d'environ un kilomètre et forment un triangle dont les carrières font le sommet vers l'orient, près du point de section de la route d'Argences, 15 bis, et du chemin de Jort, à 3 kilomètres au couchant de la gare de MoultArgences.

L'antiquité de ces carrières est incontestable. Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, avant l'ouverture de celles des Ocrais et de Cauvicourt, ou du moins avant leur grande vogue, les carrières de Conteville étaient d'une grande importance pour la partie du nord-est du Doyenné de Vaucelles ; car, à l'exception de celles de Quilly et de la banlieue de Caen , il n'en existait pas d'autres à portée de cette vaste contrée. La pierre franche de Conteville ne se rencontre qu'à 15 et 18 m. de profondeur; les bancs supérieurs sont remplis de silex ; aussi la pierre de Conteville n'était pas extraite à ciel ouvert, mais par des galeries dans lesquelles pénétraient les voitures. Par suite de l'abandon, les galeries sont devenues un pur objet de curiosité. Cependant depuis vingt ans peu de curieux se sont hasardés à y pénétrer à cause des éboulements. Il ne suffisait plus de se trainer sur les genoux et sur les mains, il fallait ramper à plat

à ventre. Depuis 1847, la fameuse Gueule-Noire, qui vomissait la vapeur comme une fournaise ardente (en hiver), s'étant trouvée absorbée, obstruée par le passage de la route, il ne resta plus qu'une mauvaise communication.

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