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Report.

315,200 17 janvier. – Huit étangs, à Lechaudel, de de Charmont.

24,000 En 1863. Forêt de Montiers, aux hospices de Reims.

1,800,000 Plusieurs fermes dont nous n'avons pas le

chiffre. D'autres baillées à cens perpétuel sont passés à leur détenteur moyennant un rachat de rente.

(Mémoire.) Total connu sauf les articles portés pour mémoire.

2,196,700 fr.

SÉANCE GÉNÉRALE DE ROUEN

(30 MAI 1876)

PRÉSIDENCE DE M. LÉON PALUSTRE, DIRECTEUR DE LA

SOCIÉTÉ FRANÇAISE D'ARCHÉOLOGIE.

Siégent au bureau : MM. de Glanville, directeur de l'Association normande; de Beaurepaire, archiviste de la Seine-Inférieure; l'abbé Lebeurier, archiviste honoraire de l'Eure; Cusson, secrétaire général de la mairie; J. de Laurière, inspecteur général de la Société française d’Archéologie ; A. de Dion, inspecteur de Seine-et-Oise.

M. le vicomte d'Estaintot remplit les fonctions de secrétaire.

La séance est ouverte à huit heures et demie du soir, dans la salle de réunion des Sociétés savantes, rue SaintLô, décorée pour la circonstance de magnifiques photographies, par M. Letellier, du Havre. Grâce à cette aimable attention, les membres de la Société, accourus en grand nombre à l'appel qui leur avait été adressé, pouvaient ainsi, par avance, se faire une idée des merveilles qu'ils contempleraient le lendemain à Gisors et à SaintGermer.

En quelques paroles élevées que nous sommes heureux de reproduire, M. Léon Palustre indique d'abord à grands traits le rôle de l'archéologie et rend un juste tribut d'hommages à notre regretté collègue, M. l'abbé Cochet :

MESSIEURS,

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S'il est une chose qui me soit agréable aujourd'hui, c'est de me trouver dans une ville pormande, d'avoir pour premiers auditeurs à peu près les mêmes hommes qui contribuerent pour une si grande part au développement de l'auvre de mon illustre prédécesseur. Je ne saurais oublier, en effet, que la Société française d'Archéologie a eu pour berceau votre belle province, qu'elle a grandi à l'oubre de vos cathédrales, et toujours conservé parmi vous, même au milieu des fâcheuses vicissitudes de ces derniers temps, ses adhérents les plus fermes et les plus nombreux. Aussi, lorsque notre honorable confrère, M. de Glanville, vint, il y a plus de six mois, me demander de tenir dans votre grande cité une de ces courtes assises qui ont pour but de suppléer à l'insuffisance de nos congrès annuels, qui contribuent plus que toute autre chose à vivifier une institution répandue dans la France entière, ai-je accepté avec joie une proposition qui faisait, pour ainsi dire, partie du programme que je m'étais tracé d'avance, et me mettait, dès le début, en relation avec de brillantes personnalités que j'étais particulièrement désireux de voir et de connaitre. D'ailleurs, pouvais-je oublier que Rouen, dans notre siècle, était peut-être la ville qui avait compté le plus d'archéologues fameux, et n'était-ce pas pour moi un devoir de venir saluer la patrie des Deville et des Pottier, des la Quérière et des Cochet.

Malheureusement, il ne nous a été permis d'entretenir que le dernier d'entre ceux que nous venons de nommer, et nous le regrettons d'autant plus, qu'admirateur passionné des constructions du moyen âge, nous eussions complé parmi nos meilleurs souvenirs les instants passés en compagnie d'hommes qui s'en étaient montrés les révélateurs. Cela ne veut pas dire que les autres branches de l'archéologie nous trouvent indifférent; bien loin de là, et nous avons, par exemple, en plus d'une occasion manifesté notre enthousiasme pour les importantes découvertes dues au savant auteur de la Normandie souterraine et du Tombeau de Childéric. Nous nous sentions particulièrement attiré vers cette nature investigatrice qui ne laissait rien échapper et profitait des plus petits incidents pour appuyer ses théories et justifier ses prévisions. Esprit nullement réveur, toutefois, et eanemi de l'hypothèse, M. l'abbé Cochet ne s'écartait jamais dans ses recherches de l'observation positive des faits, et toutes ses déductions offrent le degré d'exactitude que réclame toute science véritablement digne de ce nom. Il marchait ainsi d'un pas sûr vers la reconstitution d'une époque de notre histoire jusqu'alors connue par ses lignes extérieures seulement, et nous faisait pénétrer dans la vie intime des peuples qui ne sont plus, ravivant en quelque sorte toute une civilisation disparue. Au reste, ne nous l'a-t-il pas dit quelque part : «Ce que je cherche au sein de la terre, c'est une pensée. Ce que je poursuis à chaque coup de pioche de l'ouvrier, c'est une idée; ce que je désire recueillir avec ardeur, c'est moins un vase ou une médaille qu’une ligne du passé écrite dans la poussière du temps, une phrase sur les meurs antiques, les coutumes funèbres, l'industrie romaine ou barbare, c'est la vérité que je veux surprendre dans le lit où elle a été couchée par des témoins qui ont à présent dix, quioze ou dix-huit

а

cents ans. Je donnerais tous les objets possibles pour une révélation de ce genre. »

En parlant de la sorte, M. l'abbé Cochet, il est vrai, ne faisait qu'indiquer de main de maitre le but que nos chères études se sont toujours proposé d'atteindre. Car, Messieurs, qu'est-ce que l'archéologie, en effet ? Certes, ce n'est pas cette science creuse que beaucoup de gens s'imaginent, un délassement innocent que l'on permet aux désœuvrés. Tout au contraire, c'est l'exercice d'esprits sérieux qui veulent voir avec intelligence, comprendre avec netteté, qui se plaisent à rechercher la raison des choses, à suivre à travers les siècles les transformations successives opérées darıs les habitudes et les meurs, tant au point de vue civil que militaire, profane que religieux. Par là, ils se rendent plus aptes à exercer même les fonctions présentes, et ils justifient ces paroles de l'un de nos devanciers : « L'archéologie n'est autre chose que connaitre le passé tout entier pour deviner et préparer l'avenir. )

Certes, il ne s'ensuit pas que dans la solution chaque jour plus compliquée des problèmes qui se présentent à nous, nous n'éprouvions jamais ni déconvenues, ni désillusions. L'archéologie, nous ne craignons pas de le dire, car cet aveu ne saurait nuire, dans l'esprit des hommes éclairés, au crédit de plus en plus grand dont nos études sont entourées, l'archéologie est de toutes les sciences peutêtre la plus sujette aux méprises, comme aussi celle où les erreurs sont le plus excusables. Tandis

que

les monuments écrits ont toujours et partout un sens précis, une valeur parfaitement déterminée, les signes auxquels nous sommes obligés d'avoir recours ne nous offrent le plus souvent que des révélations non-seulement incomplètes, mais encore essentiellement variables, suivant les siècles et les pays. Il n'est donc pas étonnant que nous puissions, par

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