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territoire de Suippes. Ce fragment, de forme irrégulière, mesure environ 37 centimètres de hauteur sur 32 de largeur, il représente une bacchante tenant une coupe et un thyrse; il parait provenir d'une ancienne villa romaine.

La discussion est ouverte sur les questions 24, 26 et 27.

Signaler les anciennes verrières, les objets

mobiliers remarquables, les retables, statues, tableaux, etc.

M. l'abbé Lucot signale, dans l'église cathédrale de Châlons, quelques fragments de vitraux qui lui paraissent remonter au xire siècle. Ils se trouvent placés dans le collatéral sud, dans les deux premières fenêtres à partir du transept.

M. Palustre pense que les vitraux du chœur de la cathédrale ne sont pas antérieurs au milieu du XIIIe siècle. Les plus beaux vitraux de Châlons, notamment ceux de Saint-Alpin, sont du xvie.

M. l'abbé Lucot signale encore, d'après M. l'abbé Champenois, certains vitraux de l'église Notre-Dame comme remontant au xie siècle, à une époque antérieure à la destruction de l'église (1157). Ils représentent la Nativité de Notre-Seigneur, l'Adoration des Mages, la Fuite en Égypte, en six médaillons circulaires qui ont été entourés par M. Didron d'un encadrement de style moyen âge. On peut voir ces vitraux au fond de la chapelle placée immédiatenent avant celle de Saint-Joseph.

M. l'abbé Balestra rend compte de l'examen qu'il a fait des vitraux de l'église Saint-Abundio, à Cosme. Dans la partie inférieure des fenêtres du chour, il a trouvé, sous la protection des toiles d'araignées, des vitraux qui remontent évidemment au xir siècle. Ces vitraur be représentent aucun sujet; les uns présentent une teinte verte comme les verres à bouteilles; les autres sont clorés de fortes belles teintes bleues, jaunes et rouges, marmorisées par l'effet du temps. Leur surface est légèrement ondulée. Ils sont d'une grande épaisseur, taillés grossièrement sans le secours du diamant, et enchassés dans de fortes mailles de plomb.

M. Joseph de Bave signale les émaux de l'église du Gault. Ils remontent à la fin du XII° ou au commencement du xiiie siècle et ils ornaient probablement un évangéliaire. Ils ont été enchassés dans la boiserie du tabernacle, et l'un d'eux a été malheureusement entaillé pour faire place à une charnière.

M. Palustre décrit deux reliquaires en forme de bras, de la première moitié du XIIe siècle, enrichis de losanges et de fleurs de lis au repoussé, qu'il a examinés la semaine dernière dans l'église d'Oyes, en compagnie de M. Joseph

de Baye.

M. Nicaise a rencontré aussi, dans la sacristie de l'église de Margerie, un reliquaire en forme de bras. Ce reliquaire est en bois de chène, revêtu d'une feuille d'argent battu au marteau. Au milieu et à la partie interne du bras, se trouve une ouverture en forme de carré long, recouverte d'un verre enchâssé dans une armature métallique; par cette ouverture, on aperçoit les reliques. La feuille d'argent qui revêt le reliquaire est fixée par des clous à têtes rondes, ornés de pierres précieuses en forme de cabochons. La plupart de ces pierres ont disparu. Sur la feuille d'argent sont gravés à la pointe des oroements qui caractérisent bien la fin du XII° siècle, et qui concourent à l'intérêt de l'ensemble du reliquaire.

M. l'abbé Lucot dit que ce reliquaire était connu à

Margerie sous le nom de bras de saint Blaise. Il se trouve en ce moment à l'évêché. Les religieux de Margerie, de l'ordre de Cluny, le possédaient avant la révolution. M. l'abbé Deschamps, vicaire général, en a fait l'ouverture et y a trouvé, dans un loculus en bronze, un petit os provenant d'une main; le loculus porte gravée une inscription en caractères grecs du moyen âge. D'après cet indice, on peut supposer que la relique a été rapportée d'Orient par un seigneur croisé. Voici le texte de l'inscription tel qu'il a été lu par le savant helléniste, M. Miller (de l'Institut):

Λειψάνου τῆς ἁγίας μάρτυρος Μάρης.

(Mápis, abréviation de Mapivns): « Relique de la sainte martyre Marine. » Marine et Marguerite sont deux noms de la même sainte. M. l'abbé Balestra observe que Mápas peut être aussi bien l'abréviation de Mápyapitis. Des savants, consultés par M. l'abbé Deschamps, ont été d'avis que le reliquaire lui-même était d'origine byzantine.

M. Denis parle d'un autre reliquaire en forme de bras, qui existe à l'église cathédrale de Langres.

M. l'abbé Lucot connaît également à l'église cathédrale de Langres une relique insigne, venue de l'Orient, en 1207; c'est le chef du saint martyr Mammès. Il est entouré d'un bandeau d'argent sur lequel on lit l'inscription:

Αγιος Μάμας.

M. Denis exprime le vœu que les pierres tombales de l'église de Saint-Memmie soient conservées lors de sa prochaine reconstruction.

Le Congrès s'associe à ce vœu.

M. Nicaise signale un retable du xve siècle, dont il possède un fragment qui a excité l'admiration des connaisseurs. Ce retable en pierre avait été doré. Il figurait une suite d'arcatures sous lesquelles étaient représentées des scènes de la Passion du Christ.

Ces arcatures s'étaient formées d'élégants enroulements de branches et de feuilles de vignes habilement découpées au milieu desquelles grimpent de petits personnages dont le costume, à défaut du style du retable, suffirait à dater le monument. Cette æuvre paraît émaner du ciseau qui a sculpté les nombreux détails de notre admirable église de Lépine, et il montre que ces artistes ouvriers savaient aussi bien plier la pierre que le bois aux caprices de leur imagination. D'autres fragments du même retable sont entre les mains de différentes personnes.

M. l'abbé Balestra donne la description d'une immense fresque de Bernardino Luini, dans l'église degli Angeli, à Lugano. Cette église est coupée en deux parties par une grande cloison qui va du haut en bas de l'édifice et qui sépare le cheur de la nef. Les fidèles suivent les cérémonies à travers trois arcades percées dans cette cloison. C'est au-dessus de ces trois arcades et dans la partie la plus haute de la cloison que se trouve la fresque de Luini. La disposition de la scène, les types des personnages, et principalement celui du centurion, présentent la plus frappante analogie avec ceux du retable de Mareuil-en-Brie. L'on peut voir là une preuve de l'unité des traditions chrétiennes, même dans le domaine des choses purement artistiques, dans des contrées fort différentes.

M. l'abbé Lucot revient sur le retable de Coligny dont il a été question dans la deuxième séance du 25 août. L'on a signalé la délicatesse des sculptures; mais l'attention n'a été appelée que sur les sujets principaux dans la description très-intéressante qui nous en a été donnée. Il serait utile de faire remarquer la série des petits sujets disposés autour de l'ogive qui encadre la grande scène du crucifiement; ces petits sujets représentent les sept sacrements par lesquels nous recevons les grâces dont la mort de Jésus-Christ est la source. Dans la plupart de ces scènes, le sacrement est administré par un évêque.

M. Palustre demande ce qu'est devenu un retable d'argent donné au XII° siècle à l'église de Saint-Memmie, d'après l'inscription qui se lit autour de la pierre tombale de l'abbé Robert, décédé en 1223. Il serait bon, dit-il, de rechercher à quelle époque a disparu une euvre d'art aussi remarquable, qui a dû laisser quelque souvenir dans

le pays.

M. Joseph de Baye a la parole sur la 28° question (carrelages émaillés).

Carreaux émaillés.

Les carrelages émaillés étant l'objet d'une mention dans le programme, je vous signalerai ceux qui se trouvent dans ma naissante collection, exclusivement composée de produits champenois.

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Champaubert.

Soixante carreaux proviennent de Champaubert. Ils appartiennent à deux fabrications distinctes. Les plus remarquables sont ornés de personnages grimaçants, qui paraissent être des bouffons ou des fous. D'autres représentent un cers et des animaux fantastiques. On

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