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mirent à découvert un vase contenant plus de 500 médailles romaines, en or, du haut-empire, la plupart d'une conservation parfaite avec des revers de la plus grande rareté. »

Ces ouvriers vendirent par lots, à Paris, Épernay, Chålons, Reims, le produit de leur découverte. Les médailles que M. Denis a eues entre les mains, étaient aux effigies de Faustine mère, de Geta, Julia Domna et Trajan. Elles sont passées dans les cartons de M. Hoffmann, marchand de médailles à Paris.

A Vertus ont encore été trouvées, par MM. Le Beuf et Denis, quatre monnaies de Renaud, évêque de Meaux. Elles appartiennent aujourd'hui à M. Eugène Deullin, d'Épernay.

En 1867, 6,000 petits bronzes antiques furent trouvés à Saint-Mard-sur-le-Mont; ces monnaies étaient aux effigies de Gallien, Constantin, Tétricus. Elles étaient mal conservées.

En 1870, à Bergères-lez-Vertus , découverte d'une médaille, à l'effigie de Flavien, et, au revers, de Mars victorieux. Cette pièce, cotée 500 francs dans les cataJogues, appartient à M. Duquenelle, numismatiste rémois.

La même année, à Vitry, découverte d'un denier de Carloman (collection Charvet, au Pecq-Saint-Germain).

En 1873, à Saint-Memmie-lez-Châlons, découverte par M. Peignot, de monnaies d'or des rois de France, Jean-leBon, Charles V, Charles VI, et Charles VII. « Je possède, dit M. Denis, quelques-unes de ces monnaies sortant de l'atelier de Châlons-sur-Marne, )

Même année, à Épense, découverte de 360 blancs des rois Charles VI et Charles VII, avec une pièce d'or de Charles VII, frappée à Sainte-Menehould. A l'exception de la médaille d’or qui appartient à M. Deullin, d'Épernay,

a

la totalité de cette collection de monnaies a été acquise par M. Anatole de Barthélemy.

En 1874, des ouvriers travaillant pour le compte de la compagnie de l'Est ont mis à jour, à Guignicourt, 50 monnaies gauloises. La compagnie en a gratifié nos musées et nos sociétés savantes. M. Denis en dépose sur le bureau un spécimen. Cette monnaie représente d'un côté un wil ouvert, vu de profil; de l'autre un cheval au galop avec une rouelle ou disque entre les jambes.

On a longtemps attribué ces monnaies aux Trévires; M. de Saulcy les a restituées aux Remi.

Même année, à Trépail, découverte de 300 médailles, moyens bronzes, aux effigies de Constantin, Maximin, Gallien, Constance Chlore. Un lot fut vendu à Reims; l'autre lot a été acquis, partie par M. Denis, partie par

la Société d'Agriculture de la Marne.

Au mois de mars dernier, découverte à Heiltz-l'Évêque d'environ 12 à 1,500 petits bronze romains du 111e siècle de l'ère chrétienne. Ces monnaies sont encore la propriété de celui qui les a trouvées.

Enfin, au commencement du mois d'août, à Reims, rue Libergier, on a trouvé, renfermées dans un vase de cuivre à long col, environ 2,600 monnaies romaines, allant d'Héliogabale à Gallien, mais ne renfermant aucun type rare ou précieux au point de vue de la numismatique.

M. Denis, qui s'occupe en ce moment à revoir un travail qu'il a composé sur les sceaux de la province de Champagne, donne connaissance au Congrès de divers sceaux qu'il a découverts, entre autres celui de l'ancien bourreau de Châlons.

Après l'intéressante communication de M. Denis, on aborde la 12° question ainsi conçue :

A-t-on découvert de nouveaux éléments

matériels ou historiques qui puissent servir à déterminer le lieu où se donna la bataille de 451, dans laquelle Attila fut vaincu ?

M. Julien Gréau signale un manuscrit découvert à Copenhague, il y a environ deux ans, auvre d'un continuateur de Prosper d'Aquitaine ou de quelque autre écrivain contemporain, dans lequel se trouvent un nombre de renseignements.

M. Nicaise, de son côté, dit que M. Nétaudin, dans son Étude sur la Cheppe et ses environs, a écrit une notice sur le mont Piémont; les recherches faites sur cet emplacement ont fait découvrir une magnifique sépulture renfermant tous les attributs de la richesse et du commandement. Autour de cette sépulture royale, se trouvaient disposées d'autres sépultures renfermant des armes et ornements moins riches, mais indiquant le grade élevé des inhumés; enfin en s'éloignant toujours du centre ou du grand chef, les sépultures des officiers inférieurs et autres guerriers. Mais il n'existe encore aucun élément assez sérieusement étudié pour faire la base d'un document historique.

M. Nicaise constate les immenses travaux qui ont été exécutés pour l'établissement du camp dit d'Attila, ce qui rend impossible la supposition d'un travail fait à la hâte et pour peu de temps. Dans sa pensée, ainsi que dans celle de plusieurs membres, ce n'est autre chose qu’un oppidum gaulois.

M. Counhaye, à l'appui de cette opinion, dit que toutes les médailles trouvées à l'intérieur du camp sont gauloises. M. de Laurière présente deux statues trouvées sur l'emplacement du camp d'Attila.

L'une représente un Mercure dont l'origine romaine est indiscutable, l'autre un enfant d'une origine douteuse.

La séance est levée à 10 heures trois quarts.

2° SÉANCE DU MERCREDI 25 AOUT.

PRÉSIDENCE DE M.

LE COMTE DE MELLET.

Siègent au bureau : MM. l'abbé Lécot, Barbat de Bignicourt, de Cessac et Buvigner.

M. Simon remplit les fonctions de secrétaire.

La parole est à M. Palustre pour rendre compte de la visite faite, dans la matinée, par les membres du Congrès à la cathédrale de Châlons.

Après avoir établi l'origine rhénane de l'édifice qui primitivement possédait un sanctuaire dépourvu de bascôtés, l'honorable membre se demande si les transepts allongés que nous remarquons encore, flanqués à l'Orient de deux chapelles carrées, de deux petits sacraires et de tours, ne devaient pas se répéter à l'autre extrémité, si en un mot la cathédrale de Châlons, bâtie dans le même esprit que celle de Verdun, au moins quant au plan des parties les plus rapprochées du sanctuaire, n'était pas destinée à avoir, dans la suite, une seconde abside opposée à la première et précédée par des transepts analogues à ceux que nous connaissons. Cette question a déjà été soulevée par M. Viollet-le-Duc, qui penche pour l'affirmative. « Toutefois, dit-il avec raison, si la cathédrale de Châlons-sur-Marne rappelle, dans le plan de son chevet, celle de Verdun, qui est entièrement rhénane, les détails, le système de construction et l'ornementation se rapprochent de l'école de Reims. C'est là un monument exceptionnel, sorte de lien entre deux styles fort différents, mais qui se réduit à un seul exemple (1). »

L'influence de l'école de Reims se manifeste surtout, poursuit M. Palustre, dans l'ornementation du portail septentrional, qui heureusement est demeuré encore à l'abri de toute restauration. Certains détails sont évidemment empruntés à la grande cathédrale voisine et nous serions tenté de croire que le même architecte a travaillé aux deux inonuments. Nous ne parlerons pas du portail méridional, reconstruit il y a une trentaine d'années ; à tout prendre, nous aimerions mieux encore la grande façade occidentale, @uvre des premières années du XVII° siècle, ainsi que les deux dernières travées de la nef. Mais, chose singulière, tandis que dans la façade en question l'architecte a franchement adopté le style alors pratiqué, dans la nef, il s'est efforcé de reproduire les formes en honneur trois siècles auparavant. Aussi, ce pastiche ne saurait-il tromper un eil exercé qui, dans les bases des colonnes, dans le galbe des chapiteaux, dans les ornements jetés autour des fenêtres, reconnait facilement une main habituée à sculpter les lourdes décorations du temps de Louis XIII. Au reste, nulle part ailleurs, plus qu'à la cathédrale de Châlons, on n'a cherché à se faire imitateur.

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