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viléges accordés au couvent ct à l'ordre de Citeaux par

les papes et les rois ses prédécesseurs, notamment le droit de juridiction spirituelle et temporelle sur les gens de service, les fermiers et habitants des censes, l'exemption de juridiction des ordinaires, des dimes et novales sur les biens de l'ordre, le droit de les lever sur les paroisses dont ils étaient patrons, et la partition canonique, c'està-dire le partage en trois portions entre les abbés et la communauté.

En 1720, le cardinal de Rohan-Soubise résigna son abbaye de Montiers en faveur de Michel-Gabriel Lepetit de Ravannes, alors son grand vicaire, qui devint aumônier et confesseur du roi.

M. de Ravannes eut avec la communauté de nombreux procès, surtout à propos de l'exploitation des forêts, et de l'exécution plus ou moins rigoureuse des obligations imposées à la commende.

Les deux parties s'accusaient réciproquement de mauvaise foi et de tromperie.

Un nouveau concordat eut lieu, qui divisait les bois en trois parts, non compris la réserve; l'abbé avait droit sur deux Jots sans le contrôle de la communauté et sous le simple martelage de la maitrise des eaux et forêts du royaume, car depuis l'ordonnance de 1669, le roi avait droit de se faire représenter à la marque et à la composition des coupes dans les forêts de main-morte, avec les intéressés.

Nous arrivons au dernier abbé, Mgr Antoine de Malvin de Montazel, alors évêque désigné d’Autun, homme rempli de douceur, de zèle et de talent, qui fut nommé abbé de Montiers au mois d'août 1784.

D'azur à trois étoiles d'or.
Il passa plus tard à l'archevêché de Lyon; l'Académie

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française le reçut au nombre de ses membres, non à cause de ses dignités, mais en raison de ses mérites et des ouvrages remarquables qu'il avait publiés.

Il eut le bonheur de mourir en 1788 sans avoir vu la révolution qui ne tarda point à éclater.

Il vint, à ce qu'il parait, plus d'une fois à Montiers, et quelques vieillards m'ont assuré autrefois l'avoir vu.

Les relations de M. de Montazet avec la communauté furent excellentes, et même cordiales: après les luttes que l'on avait eu à soutenir avec les abbés précédents, on eut cru voir deux ennemis se réconciliant avant de mourir.

M. de Montazet accordait au Père Lami, prieur, ce que celui-ci lui demandait; à sa sollicitation, il adopta même des mesures qui auraient été regrettables pour l'avenir, si l'avenir eût encore existé

pour

le couvent. On renouvela à cette époque tous les baux; et l'on remarque que celui d'Épensival fut consenti à la charge par le fermier, de planter le plus de vignes possible pour ajouter aux quatorze denrées existant déjà ; actuellement il n'en existe plus une seule dans tout le canton de Dommartin-sur-Yèvre.

En 1766, comme l'abbatiale, qui se composait d'un corps de logis, d'une grange, d'écuries et de remises situées près des jardins, du côté opposé à l'église, était en assez mauvais état de réparations, que les baux que l'on avait tenté d'en faire étaient d'un revenu dérisoire, M. de Montazet, sur la demande du Père Lami, prieur, consentit, par un traité, à ce que ces bâtiments fussent démolis et que l'emplacement fit partie de la maison conventuelle, à la condition que la communauté lui paierait une somme de cent vingt francs par an, et que l'abbé, quand il viendrait à Montiers, serait reçu avec sa suite et ses équipages dans les bâtiments du couvent; de recevoir de même ceux qu'il enverrait pour ses affaires, mais sans suite ni équipages. Il fut également stipulé que si quelqu'un des abbés, ses successeurs, voulait faire relever les bâtiments, la communauté serait tenue de lui payer pour cet usage, un an après en avoir été avertie, la somme de trois mille livres, formant à 4 010, le capital de la rente fixée, et qu'alors cesserait pour le couvent l'obligation de donner l'hospitalité à l'abbé et aux siens.

La chapelle du couvent, qui était aussi église paroissiale était devenue bien trop vaste pour le prieur et les neuf religieux qui y demeuraient alors, les murs latéraux menaçaient ruine, et les fondations étaient minées par l'humidité venant des coteaux voisins.

Les moines se plaignaient de ce qu'elle était froide et malsaine, et que les chants se perdaient dans l'espace, à cause de l'élévation des voûtes.

Cette église avait été plus d'une fois saccagée et restaurée avec plus ou moins d'art, et notamment aux xvie et xvi1e siècles; mais elle gardait encore des restes vénérables de ses constructions primitives aux xi et xuro siècles; depuis que l'abbaye était tombée en commende, grâce aux difficultés qui surgissaient chaque fois qu'il fallait faire une dépense à la charge de la manse abbatiale, l'église était tellement dégradée qu'une restauration complète eût été fort coûteuse.

Depuis longtemps les religieux demandaient qu'il fût pris un parti sur leurs réclamations.

Cette fois ils proposérert à l'abbé d'en diminuer l'étendue, en la réduisant à la grande nef et au centre du transept, où serait établi un sanctuaire en rond-point. Pour figurer une nouvelle croisée, au lieu de l'ancienne qui avait cent cinquante pieds de long, on laisserait subsister

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une travée de la nef collatérale, du côté de l'Évangile, et deux autres du côté de l'épitre où étaient appuyés le dortoir et la salle capitulaire; l'une de ces travées devant servir de sacristie et de passage pour aller à la salle capitulaire et pour monter au dortoir.

Les voûtes qui ont soixante pieds de haut devaient ètre abaissées par un plancher à une hauteur proportionnelle. Le clocher n'existait plus, mais il avait dû porter sur le centre de la croisée; on proposait d'en faire construire un au-dessus de la partie du collatéral conservé, du côté de l'Épitre; les stalles gothiques, d'ailleurs trop nombreuses, devaient être remplacées par d'autres d'un goût moderne.

M. de Montazet envoya sur les lieux un sieur Daujon, architecte, qui examina les lieux, fit des plans et devis, et par un traité entre le prieur et l'abbé en 1769, la mutilation fut autorisée, à la condition que les frais seraient supportés par la communaté, à l'exception de 5,000 livres qui lui seraient fournies pour cet usage par la manse abbatiale.

C'est ainsi que cette église dont la forme primitive affectait les caractères des xile et xuio siècles, et qui malgré ses ruines paraissait encore avoir une majestueuse grandeur, devint, pour une mesquine économie, sur les plans de Daujon, une petite chapelle sans caractère. Tous les murs qui ne tenaient pas au cloitre furent démolis, et avec les matériaux on refit, sur les deux côtés, des murailles nouvelles, des contre-forts qui supprimaient ou engageaient dans leur massif la belle colonnade qui séparait les nefs.

L'économie et le mauvais goût présidèrent de même à l'ornementation de l'église dont le mobilier, depuis cette époque, n'était plus en rapport avec les richesses de la maison.

XI

LES DERNIERS TEMPS DE L'ABBAYE.

Tel était l'état des choses à l'époque de la mort de Mgr de Montazet.

On a dit et écrit que le revenu de l'abbé était de 15,000 livres, et celui de la communauté, de 6,000 livres.

Ce chiffre est en effet l'évaluation officielle portée au pouillé et aux états des abbayes de France.

Cette évaluation que nous avons entre les mains était faite en vue des oblations, décimes, dons gratuits et autres impositions plus ou moins volontaires qui étaient réclamés de temps en temps au clergé séculier et régulier.

Après la mort de M. de Montazet, arrivée en 1788, Montiers tomba, comme tous les bénéfices qui devenaient vacants à cette époque, dans l'économat général du clergé de France, et le 27 janvier 1789, par acte devant Bonhomme, notaire à Paris, les revenus du couvent furent adjugés aux enchères, à la requête de M. Brière de Mondétour, économe général, en conséquence des ordres de M. de Feydeau, comte de Gien, marquis de Dampierre, directeur général de l'économat.

Une particularité qui nous frappe, c'est que l'abbaye fondée par la famille de Dampierre, a fini par les ordres d'un autre Dampierre, à six cent cinquante-cinq ans de distance.

Le sieur Léopold-Augustin Raux, maitre de forges à la Neuville-en-Tourne-à-Fuy, frère du député élu par le tiers-état du bailliage de Reims à l'Assemblée nationale, se rendit adjudicataire de tous les revenus moyennant

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