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voit aussi une tête d'homme et une tête de femme de profil, enfin la représentation du soleil.

Les carreaux armoriés portent l'écu de France. Deux autres portent les armes de la famille des Hangest, seigneurs de Montmort. Le premier, écusson d'homme, portant les armoiries des Hangest avec le lambel. Cet écu est d’un style plus ancien comme dessin que les carreaux qui se trouvent encore au château de Montmort. Louis de Hangest, auteur de la branche des seigneurs de Montmort et de Moyencourt, portait le lambel, car il avait deux frères.

Le second, écusson de femme, portant accolées les armes des Hangest et d'autres armes avec ur burelé.

Au xvie siècle, Louise de Hangest, dame d’Arzilbières, Dampierre, Blaise, Hauteville, Landricourt, épousa Jacques de Grandpré, seigneur de Hans qui portait : « burelé d'or et de gueules » et comme cadet des GrandPré, il pouvait briser d'un cotice. Cette explication proposée n'est pas d'une certitude absolue.

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Montmort.

Sept carreaux viennent du château de Montmort. Six de ces carreaux portent en losange les armes des Hangest : « D'argent à la croix de gueules chargée de cinq coquilles d'or. Ces carreaux sont de la Renaissance, d'un dessin correct et soigné. Ce sont les armoiries de Jeanne de Hangest, fille unique de Joachim de Hangest, tué en 1536, et héritière de sa fortune et de ses titres. C'est elle qui, veuve de Maillé de Brézé et de Claude Daguerre, fit construire de 1577 à 1580 le château de Montmort tel qu'il existe aujourd'hui.

La seigneurie de Montmort passa vers l'an 1492 à la famille de Hangest. On voit encore dans l'église de Monmort la sépulture de cette famille.

Le septième carreau de Montmort est orné des lettres C et L. C'est le monogramme du maréchal de Créqui. Ce carreau est du xvile siècle.

Vienne-le-Château.

La collection des carreaux provenant de Vienne-le-Château se compose de soixante-douze spécimens. Plusieurs représentent des oiseaux becquetant un épi de blé. Cette figure allégorique se trouve souvent dans le carrelage des églises. Le dessin complet, de ces sortes de carreaux se complète par un ensemble de quatre.

Plusieurs de ces carreaux portent des noms de potier :

COLINS ME FIST.

DE HAINAUT.

et d'autres noms illisibles, le temps ayant altéré les lettres. D'autres carreaux de la même localité sont ornés de chevaliers montés et en armes, portant l'écu à la main et tournoyant. On remarque aussi un cerf qui faisait probablement partie d'une chasse. Enfin un de ces carreaux est orné d'un semis de fleurs de lis.

Lachy.

Quarante carreaux proviennent de la chapelle de l'ancien château de Lachy. Il ne reste plus de cet ancien chåteau fort, que des ruines. La chapelle a conservé encore quelques murs et des ouvertures qui accusent le xiure siècle.

L'ornementation des carreaux de Lachy consiste surtout en fleurs de lis, en lions marchant à droite ou à gauche, dont la queue palmée est ramenée au-dessus du corps. Un carreau, particulièrement intéressant, représente une femme tenant dans chaque main un étendard. Comment faut-il interpréter ce carreau ? Les renseignements nous manquent. Une autre porte, deux tours et deux fleurs de lis. C'était les marques distinctives adoptées par Blanche de Chastille.

Lachy appartenait aux comtes de Champagne. On y a trouvé un petit écu en cuivre portant les armes des Brienne.

Montmirail

Montmirail a donné un nombre très-considérable de carreaux ornés de sujets variés. Les uns portent des cerfs, des lièvres ou lapins, d'autres des coqs et des poules avec leurs poussins. Les échiquiers sont aussi nombreux. Certains modèles forment un ensemble complet avec quatre carreaux. Un grand nombre est armorié. Ils n'ont pu être tous étudiés jusqu'à présent. Il y a lieu de croire que plusieurs appartiennent à la famille de Vendôme. Il en est parmi eux qui portent une alliance de cette famille avec les Luxembourg.

L'étude des carreaux offre de grandes difficultés, car le potier qui les confectionnait, oubliait que le moule retourné altérait la disposition du dessin, de sorte que souvent une barre devient une bande et que la partie qui devrait être à droite se trouve à gauche.

Chantemerle.

Le village de Chantemerle possédait une abbaye où il

été trouvé un grand nombre de carreaux. Un seul se trouve dans ma collection, mais il mérite d'être cité. Il porte un nom de potier :

MUSA, MUSART.

Il semble le plus ancien de la collection. Certains archéologues le font remonter au XII° siècle. Il pourrait, en effet, appartenir à la fin de cette époque.

Saint-Gond.

Dix-huit carreaux proviennent de cette ancienne abbaye. Ils diffèrent de ceux dont nous venons de parler par le genre et la fabrication. Ils appartiennent probablement au xnro siècle. Il est certain qu'en remuant le sol on peut en trouver un nombre considérable, de plusieurs époques, car Saint-Gond, fondé à l'époque mérovingienne, a été plusieurs fois détruit et garde encore les traces de différentes époques. On y remarque, entre autres choses, une entrée du xin siècle digne d'être conservée. Il y existe

y aussi des substructions très-considérables.

Parmi les carreaux de Saint-Gond, plusieurs portent des fleurs de lis, des animaux fantastiques ornés de fleurs de lis. Certains carreaux font partie d'un ensemble où seize de ces carreaux forment un dessin complet. Nous remarquons aussi des oiseaux becquetant l'épi de blé, mais le dessin est beaucoup plus grossier qu'à Viennele-Château.

Orbais.

Ces carreaux proviennent de l'ancienne abbaye d'Orbais. Ils sont d'une excellente fabrication, plus soignée que celle des autres localités. Les carreaux de l'église de Fromentières paraissent avoir la même origine.

Parmi les dessins, nous remarquons des fleurs de lis d'un très-beau style, des têtes grimaçantes qui paraissent des caricatures, des chardons dont le dessin est remarquable et l'ornementation riche. On voit aussi un chevalier monté, armé et brandissant une pique. On y trouvait aussi la représentation d'une chasse. Dans certains carreaux la couleur et le verpi rouge sont remplacés par le noir; cette particularité est propre aux carreaux de Fromentières et d'Orbais. Comme nous l'avons déjà dit, les carreaux de ces deux localités peuvent être considérés comme de la même fabrication. On peut les regarder comme du xuie siècle.

L'abbaye d'Orbais avait des carreaux armoriés en grand nombre. Ils répètent particulièrement deux armoiries. La première est jusqu'à ce moment restée sans détermination. La seconde porte l'écu de Louis de Bourbon, duc de Vendôme, premier abbé commendataire de l'abbaye d'Orbais (1520-1525). Il portait : « De Bourbon, le bâton de gueules chargé de trois lions d'argent. »

Baye.

Quarante carreaux proviennent du château de Baye. Ils appartiennent au xin siècle. Certaines combinaisons de dessin forment un ensemble composé d'un grand nombre de carreaux. Parmi les sujets, on remarque des oiseaux becquetant un épi de blé. On voit également un évêque assis, la crosse à la main et la mitre sur la tête. A sa gauche se trouve une fleur de lis. Ces carreaux proviennent vraisemblablement de la chapelle du château,

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