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LES ARMES.

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Scramasaxes.

Les armes provenant de la nécropole d'Oyes forment une collection fort intéressante par sa variété. D'abord le scramasaxe de toutes les dimensions figure en grande quantité. Il est certainement l'arme qui domine par le nombre. I n'y a point lieu de s'en étonner, car selon l'opinion des archéologues spécialistes, parmi lesquels on compte M. l'abbé Cochet, les femmes elles-mêmes portaient le scramasaxe. L'abondance de cette arme n'est point, du reste, un fait particulier à la localité que nous avons explorée. On retrouve le scramasaxe dans la même proportion dans les autres cimetières francs. Parmi les spécimens que nous avons exhumés, il en est d'une conservation parfaite qui laissent la facilité de bien juger l'arme. La rainure caractéristique s'y retrouve toujours, et dans les grands spécimens elle se répète. En plusieurs circonstances, la virole était encore adhérente à la naissance de la lame, car elle était maintenue par des restes du manche, qui était en bois.

Il occupait ordinairement le côté et s'étendait parallèlement au torse. Dans certains cas exceptionnels il se trouvait placé sur la tête avec le ceinturon destiné à le suspendre. Nous n'avons jamais trouvé de traces du fourreau, Est-ce parce que cette gaine aurait été en bois ou parce qu'elle aurait été absolument absente?

Haches.

Le cimetière d'Oyes a donné plusieurs haches également

variées dans leurs dimensions. Il en est qui se distinguent particulièrement par la finesse du travail. On voit qu'elles ont été traitées avec soin et habileté. Elles occupaient toujours la région des pieds. Elles sont moins nombreuses que les scramasaxes. Elles appartiennent exclusivement aux sépultures des personnages de distinction. C'est du moins l'opinion des archéologues.

Lances.

Plus de trente lances ont été recueillies dans les sépultures. Elles affectent des formes et des dimensions qui varient beaucoup. Quatre de ces armes sont pourvues de crochets qui se développent de chaque côté au-dessus de la douille. Il en est parmi ces dernières, qui ont été travaillées avec le plus grand soin et ornées de nervures. La partie tranchante présente des formes multiples. Ces armes, qui se rencontrent fort rarement, ont été considérées par quelques archéologues comme étant l'angon. La description faite par Agathias a paru s'y rapporter. Cet historien dit en effet : « Les angons sont des lances de fer dont le haut est pointu, tandis que le bas est muni de crochets recourbés comme des hameçons. » L'absence d'autres armes connues auxquelles il serait possible d'appliquer la description d'Agathias, a entouré la lance dont nous nous occupons d'un certain prestige. La question, toutefois, n'a pas encore été assez étudiée pour que l'on puisse considérer la lance à crochets comme l'angon dont les historiens ont parlé. La rareté de la lance à crochets ne serait-elle pas un motif pour rejeter l'opinion qui la considère comme l'angon? De pareilles lances ont été trouvées par M. Baudot, à Charnay, dans la Côte-d'Or. A moins de récentes découvertes qui me sont inconnues, j'ai lieu de croire que les exemplaires trouvés à Oyes sont les seuls remarqués jusqu'à ce jour en Champagne.

Épées.

L'épée franque, très-rare, n'a été trouvée que dans trois tombes. Une de ces épées ne présente plus qu'un troncon déformé. Il ne sera pas sans intérêt de mentionner que dans un cas particulier une sépulture contenait une épée, une hache et une lance à crochets. Le fourreau était en bois comme la poignée. L'extrémité du manche de l'épée était rivée sur un ornement en cuivre.

Flèches.

On a rencontré aussi un nombre assez considérable de flèches. Les dimensions et les formes varient considérablement. Elles sont toutes en fer et pourvues de douilles. Dans une sépulture, elles avaient été réunies en un petit groupe ou plusieurs formes sont présentées. On retrouve même dans ce groupe des formes évidemment empruntées aux flèches en silex. L'une de ces flèches est à ailerons.

Pilum.

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Il a été trouvé aussi deux pilums. Le pilum, comme on le sait, est formé d'une tige de fer terminée par un bouton à plusieurs faces formant un cône imparfait, terminé par une pointe. Nous l'avons trouvé, dans une circonstance, muni d'une hampe en bois consolidée par deux srettes de différentes grandeurs. La hampe, comme on le présume, avait été décomposée par le temps, mais néanmoins il était facile d'en mesurer la longueur qui s'étendait, y compris la partie métallique, jusqu'aux pieds et au delà, puisque la pointe du pilum avait été introduite dans la craie formant la paroi de la tombe du côté des pieds.

Dans une autre circonstance, le pilum se trouvait en rapport avec un instrument en fer pourvu d'un anneau en cuivre. Cet instrument formait-il la monture du pilum? Il est difficile de le dire. Nous avons présenté un dessin de cet instrument à la Société des Antiquaires de France. Il a été unanimement considéré comme nouveau et inconnu, et il n'a été proposé aucune explication relative à son emploi.

Faut-il considérer comme des armes une foule de lames de petite dimension et pourvues d'un seul tranchant ? Le nombre en est considérable. On peut les regarder comme des couteaux susceptibles, dans certains cas, de servir comme armes.

Boucliers.

La nécropole franque d'Oyes a donné plusieurs tombes qui offrent un plus grand intérêt à cause des objets qu'elles renfermaient. Ces quatre tombes étaient profondes. Elles avaient deux mètres environ. Les cercueils étaient en bois. Ces trois sépultures renfermaient chacune un umbo, et deux d'entre elles contenaient une petite lance placée dans des conditions identiques. En dehors de ces circonstances communes elles se particularisaient par des objets propres à chacune.

Dans la première, l'umbo reposait sur la poitrine du sujet. Un fermoir d'aumônière se trouvait à la main droite. Du côté gauche, deux couteaux. Enfin, à droite, vers les pieds, se trouvait une petite lance. La hampe en était fort longue et l'excavation pratiquée pour recevoir le cercueil ne donnant pas l'espace suffisant pour la contenir, la pointe avait été introduite dans la craie et franchissait ainsi la limite où se terminait le cercueil.

L'umbo, à sa partie inférieure, a 0-18 centimètres, et, mesure Om09 centimètres de sa base au sommet, qui est couronné d'une sorte de bouton. Il était assujetti au bois par quatre clous rivés, à larges têtes. Le manipule fortement arqué affecte à peu près la forme d'un demi-cercle ayant un arc de 0-48 centimètres. Il était attaché au bouclier par quatre clous de la forme de ceux de l'umbo. La poignée proprement dite est forte; de plus, si on en juge par la dimension et la longueur des clous qui se trouvent à droite et à gauche, le bois était très-épais dans cette partie du bouclier.

Le fermoir d'aumônière ne sort pas des formes connues, il mesure Om 22 centimètres de long.

La lance, dans la forme la plus simple et sans ornement, n'a que Om 25 centimètres de la naissance de la douille à l'extrémité de la pointe.

Les couteaux, mal conservés, du reste, ne méritent aucune mention.

Dans la seconde tombe, l'umbo était placé sur la tête, mais il en était séparé par une couche de terre de 0-50 centimètres d'épaisseur. Cet uinbo présente 0m17 centimètres de diamètre à sa base, il est élevé de (m 11 centimètres environ. Il adhérait au bois par cinq larges clous à têtes plates. Le manipule est rectiligne, il a (m 42 centimètres de longueur. Quatre clous l'assujettissaient au bouclier, et la main s'appliquait sur une poignée de 0 10 cen

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