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Tout près de la Commanderie se trouve le château de Gra

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veron, appartenant à M. de Salvandy: il n'a subi aucune détérioration depuis plusieurs années, et paraît devoir être conservé avec soin.

M. Bordeaux parle du sort qui attend un reste intéressant des bâtiments claustraux de l'ancienne abbaye de St.-Sauveur, à Evreux, aujourd'hui à usage de caserne. Deux tourelles groupées, l'une hexagone, l'autre ronde en encorbellement, qui contiennent un escalier en hélice, et qui se recomman

dent par des ornements du XVI. siècle, doivent être démolies, quoique placées en-dehors du corps de logis à utiliser. L'architecte a cherché à sauver cette élégante construction, et n'a pu l'obtenir. Cependant les agents de l'administration militaire n'invoquent aucun motif d'utilité; ils sont seulement choqués par l'apparence féodale et monacale de ce petit monument. C'est très-regrettable, les restes de l'eglise abbatiale du XIII®. siècle faisant place désormais à des constructions nouvelles ; la double tourelle en question restait à la fois le seul souvenir d'une abbaye historique, et le seul monument d'un quartier déshérité d'ornements et d'édifices remarquables. A ces deux motifs de regrets, il faut ajouter que cette construction est d'une solidité parfaite, que ses sculptures, et la voûté très-ornée de pendentifs et de nervures qu'on y remarque, sont fort bien conservées.

M. de Cussy demande une note exposant brièvement les raisons qui militent en faveur de la conservation de ce fragment monumental, attendu qu'il se chargerait de transmettre cette note à M. le général de La Moricière.

M. de Sainte-Opportune recommande à l'étude des archéologues et des artistes le beau château de Beaumesnil et le curieux donjon de Thevray.

Ces deux monuments ne sont séparés que par une faible distance, une lieue environ: ils doivent être comptés parmi les plus remarquables de l'arrondissement de Bernay.

La terre de Beaumesnil, ancienne baronnie, est possédée depuis 1602 par la maison de Montmorency. Le château, en briques et en pierres, avec bossages, appartient au style le plus riche du règne de Louis XIII.

Le château de Beaumesnil a été dessiné et peint par M. Bouet, dont le tableau se voyait à l'une des dernières expo

sitions du Louvre. Quant à la tour en briques de Thevray, M. de Caumont l'a fait graver il y a trois ans, aussi sur les dessins de M. Bouet: son histoire est très-peu connue.

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M. Lottin de Laval a la parole. Il fait part à l'assemblée de ses idées sur la véritable origine de l'ogive. Il est de ceux qui sont persuadés que l'arc ogival a pris naissance en Orient. Ses convictions sont basées sur des faits qu'il a observés dans son grand voyage en Perse. Il a vu l'ogive employée dans un monument très-ancien des mines de Ctésiphon, le TakteKesrah (c'est-à-dire l'arc ou le trône de Khosroës), édifice dont

on fixe la date du II. au III. siècle et dont il a rapporté un dessin.

A cette occasion, il présente quelques observations sur l'action exercée en fait de fouilles archéologiques par les consuls et agents du gouvernement envoyés en Orient.

Il critique les choix de morceaux antiques faits par M. Botta. M. Botta a laissé tous les monuments de petite dimension. M. Lottin, au contraire, a rapporté un grand nombre de moulages de petits bas-reliefs, beaucoup d'inscriptions peulviques et cunéiformes. Il se propose de publier ces documents inédits dans une relation de son voyage.

Depuis que M. Lottin de Laval a fouillé les ruines de Tell-Nimroud, qu'il a découvertes, l'anglais Layard les a visités. M. de Cussy rappelle que M. Layard a pu charger quatre navires des antiquités négligées par M. Botta. Cela fait voir combien sont encore incomplets les documents que possèdent les savants.

M. de Saint-Germain remercie, au nom de l'assemblée, M. Lottin de ses intéressantes communications.

M. Bardet entretient la Société de la découverte faite, à Saint-Germain-la-Campagne, du socle du marbre d'une statue de Mercure, et du regret que les habitants de Bernay ont eu de voir enlever ce monument antique qui était déposé dans leur hôtel-de-ville.

M. Bordeaux s'étonne qu'on ait insisté à Evreux pour avoir ce marbre, s'il était en sûreté à Bernay; car la ville d'Evreux n'a malheureusement qu'un asile insuffisant à offrir aux antiquités, et le socle trouvé à Saint-Germain-laCampagne est même exposé aux intempéries dans le jardin des plantes.

M. Charlemaine, en qualité de sous-préfet, donne des explications sur la manière dont l'arrondissement de Bernay a été déshérité de ce monument trouvé sur son territoire.

M. Lottin de Laval demande que, pour empêcher à l'avenir d'ôter à l'arrondissement ses antiquités locales, une salle soit préparée à l'hôtel-de-ville pour les y conserver.

M. Bardet demande que des fouilles soient faites à Berthouville.

M. de Caumont offre des fonds pour ces fouilles au nom de la Société.

On s'occupe ensuite de la bibliothèque de Bernay. On sait que la bibliothèque de l'abbaye a été dilapidée, mais depuis encore des ouvrages adressés à la ville par le gouvernement ont été gaspillés. On cite des ouvrages à planches, la publication de Champollion sur l'Egypte, la collection de Lemaire, etc., qui gisent dans la poussière. La bibliothèque n'est pas organisée, les livres sont déposés au collége dans une salle abandonnée.

L'Association Normande et la Société pour la conservation des monuments émettent le vœu que la ville de Bernay change ce dépôt de livres en une bibliothèque régulière et publique.

M. Lizot offre de la mettre gratuitement en ordre, d'en dresser le catalogue, si la ville veut disposer un local et y faire établir des rayons.

Mme. Philippe-Lemaître lit un mémoire sur des voies romaines de l'arrondissement de Pont-Audemer.

M. Raymond Bordeaux stygmatise énergiquement des actes de mauvais goùt commis dans l'église Sainte-Croix de Bernay. Cette église a été entièrement enduite d'un badigeon blanc très-épais, du ton le plus criard, et qui, appliqué par dessus la poussière, empâte tous les détails de l'architec

ture.

Il regrette aussi la belle couleur naturelle des boiseries de l'orgue et de la chaire, qui ont été revêtues bien inutilement d'une triple couche de peinture à l'huile jaune clair.

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